Un peu de recul (TINA)

Allergène

L’autre jour, j’ai fait ce dessin pour représenter ma perception toute subjective des candidats au 1er tour de l’élection présidentielle.

On y voit deux axes :

  • L’axe gauche-droite
  • L’axe nationalisme-internationalisme

Le deuxième axe peut te paraître secondaire, voire anodin, mais il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’internationalisme fut jadis un pilier de la pensée de gauche. Historiquement, inutile d’être un jet setter CSP++, ni un métèque binational et bâtard culturel de mon espèce pour être farouchement internationaliste, donc.

Si on reprend le dessin, on voit, au hasard et par exemple, que JLM est à gauche de BH et à droite de PP sur l’axe gauche-droite, et qu’il est par ailleurs dans la moitié « nationaliste », contrairement à PP ou BH chez les candidats de gauche, et à EM chez les candidats de droite.

Je n’aurais pas voté JLM tout simplement parce qu’à tort ou à raison, je me le représente dans cette moitié « nationalisante » de mon dessin, et que pour moi, voter pour un candidat « nationalisant » (saveur souverainiste, patriote ou universalisme de la France, peu importe), c’est aussi inconcevable que de voter pour un candidat de droite.

C’est comme ça.

Ensuite, je me représente les « insoumis » de la manière suivante vis-à-vis de ce tropisme nauséabond :

  • Ceux pour qui c’est un non-sujet (qui s’en foutent)
  • Ceux qui approuvent par souverainisme ou pire
  • Ceux qui s’en accommodent par souverainisme Lordonien
  • Ceux qui trouvent que ça pue, mais pas assez pour ne pas voter JLM

Je ne mets donc pas tous les « insoumis » dans le même sac.

Toujours est-il que lorsque JLM a sorti Le hareng de Bismarck, j’ai observé médusé un déferlement de germanophobie de la part de nombreux groupies FdG dans mon fil Twitter. Je ne parle pas de ceux qui reprenaient les critiques fondées de JLM, mais de ceux qui se vautraient dans des remarques et insultes aussi gratuites qu’essentialisantes.

De la même manière que tu n’es pas tendre avec les personnes qui émettent des opinions de droite ni avec celles qui les tolèrent sans trop broncher, je ne suis pas tendre avec les « insoumis » qui émettent des opinions nationalisantes ni avec ceux qui les tolèrent sans trop broncher.

Arrive le 2e tour de l’élection, et là, les « insoumis » qui pendant des semaines ont pété les couilles de tous ceux qui comptaient s’abstenir au 1er tour se sont subitement métamorphosés en abstentionnistes militants.

Ça se défend d’être abstentionniste. Si tu l’as toujours été, que tu es contre l’état et les élections et la prétendue « démocratie représentative » et que tu n’es donc en aucun cas responsable du merdier actuel par exemple. Ou encore si depuis le référendum de 2005 et la mise au pas de la Grèce, tu ne crois plus à la « révolution par les urnes ».

En revanche, si tu étais un super-méga-anti-abstentionniste le jour d’avant, c’est déjà plus cocasse, pour rester poli.

Mais après tout, pourquoi pas, tout le monde a ses contradictions, moi le premier.

En revanche, justifier cet engouement soudain pour l’abstention en arguant que EM=MLP, ça pue du cul :

  • D’abord parce que si JLM était qualifié au 2e tour et que les électeurs d’EM par exemple voulaient s’abstenir parce que MLP=JLM, les « insoumis » seraient apoplectiques.
  • Et ensuite et surtout, parce que même si les programmes de MLP et JLM sont très éloignés sur l’axe gauche-droite de mon dessin, ils le sont beaucoup moins sur l’axe nationaliste-internationaliste, avec la bénédiction ou l’indifférence (ou entre les deux) de nombreux « insoumis ». En d’autres termes, c’est à mon sens aussi de leur propre faute si les « insoumis » ne peuvent plus s’offrir le luxe d’être ambigus vis-à-vis des nationalistes décomplexés sans s’en prendre plein la gueule.

Je n’écris pas tout ça pour dire aux « insoumis » de voter ou pas. Ils feront bien comme ils veulent, et c’est encore heureux.

(Pour l’anecdote, je me suis infligé la vidéo que JLM a publiée hier, et j’ai compris qu’il allait voter EM, alors que manifestement, les « insoumis » ont compris qu’il allait voter blanc. Comme quoi je n’y comprends visiblement rien en « insoumission » et tu en tireras les conclusions nécessaires quant à la validité de mes élucubrations…)

Mais comme c’est mon petit blog et que j’y exprime mes états d’âme si je veux, je tenais tout simplement à souligner que si une minorité de gauchistes (électeurs de PP, de BH ou abstentionnistes anars de tous poils) sont allergiques au discours de JLM et des « insoumis », c’est parfois pour des raisons de fond, dont celles énoncées plus haut.

Parce que qui dit allergie, dit allergène.

Et que d’une manière ou d’une autre, faudrait peut-être assumer.

29. April 2017 by sknob
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Le roi est nu, ou pas, et en même temps…

Bon, les gauchistes qui ne veulent pas voter pour JLM sont des cons, c’est entendu.

Ils tapent contre leur camp, ils passent à côté d’une occasion historique, on a compris.

Ils ergotent sur des détails, qui seront réglés par la suite grâce à la pression populaire, c’est évident.

Il ne tient qu’aux insoumis de porter la vague JLM et le pousser à passer des mesures révolutionnaires, on est d’accord.

Sauf que non, pas entendu, pas compris, pas évident, pas d’accord.

Déjà, on peut être de gauche et voter ses convictions, ou voter Arthaud, Hamon, JLM, Poutou ou s’abstenir. Le vote utile tant honni jadis reste contestable dans une élection à deux tours. Qu’est-ce que tu ferais si les sondages et RadioLondres n’existaient pas ?

Ensuite, on peut être de gauche et préférer, dans l’absolu, qu’un candidat de gauche, en l’occurrence JLM, l’emporte sur ses concurrents qui sont pires à bien des égards.

Mais…

On peut aussi être de gauche et déplorer non pas quelques mesures ou quelques détails, mais des pans entiers du programme de JLM, et s’inquiéter de l’idéologie ou de la mentalité qui les sous-tend, voire la rejeter.

Volet « souverainiste » pour rester poli :
Universalisme de la France, néo-colonialisme de l’économie de la mer, taxation différentielle qui te rend prisonnier de ta nationalité, même si tu es Français par accident (comme tous les Français) mais que tu as fait ta vie ailleurs (ça peut arriver même aux pauvres, crois-moi), ambiguïtés vis-à-vis des migrants et de l’islamophobie rampante, ou encore aveuglement par anti-américanisme primaire (et c’est un franco-américain anti-américain primaire qui te le dit).

Volet économique, critiquable au moins à deux niveaux :
1/ Rouge ou brune ou rose à pois verts, la croissance, c’est la croissance. C’est un truc qu’on ne peut plus se permettre si on veut continuer à respirer. Tout vert qu’il soit, le programme de JLM reste prisonnier de ce vieux paradigme mortifère.
2/ Sans être Macronien, si t’as déjà bossé dans une PME ou une grosse boîte, ce n’est pas crétin de penser que si tu te contentes de foutre des bâtons dans les roues de l’économie de marché, tu vas juste rendre la vie plus chiante pour tout le monde. Faut assumer de mettre le capitalisme et la finance hors d’état de nuire ou capituler. Entre les deux, c’est limite contre-productif (comme l’ont abondamment prouvé les sociaux-démocrates depuis des décennies).

On me rétorquera qu’on s’en fout, élisons JLM et la vague populaire le poussera à aller jusqu’au bout de la logique révolutionnaire de sa victoire.

D’abord, je crois que si JLM demandait au peuple de s’introduire un pic à glace dans l’orbite gauche tous les matins au petit-déjeuner, certains insoumis le feraient comme un seul con. En d’autres termes, je ne crois pas un instant que sa base se désolidariserait si JLM succombait au syndrome Mitterrand ou Hollande et revenait sur ses promesses.

Ensuite, je pense que si JLM était élu, on aurait au contraire un syndrome Hollande en pire : une anesthésie totale des mouvements sociaux. Mais bon, j’avoue que là, on est dans la croyance, toi comme moi, et comme je ne suis pas croyant, et c’est là où je veux en venir, tout argument de fond basé sur la foi est instantanément disqualifié à mes yeux, aussi sympathique soit-il.

Enfin, un dernier point, plus personnel celui-là : on peut être dⒶdⒶnarchisant et vraiment regretter que l’on veuille encore en passer par un homme providentiel, aussi bien intentionné, déterminé à résister aux sirènes du pouvoir et brillant soit-il. Surtout quand cet homme manifeste des tendances fortement autoritaires. On peut aussi penser que le vote est la dernière chose qui empêche de voir que le roi est nu, et que si on veut que les choses changent, il faudra bien un jour ou l’autre se décider à les changer nous-mêmes, au lieu de souffrir inutilement tout en se vautrant autant que possible dans les délices de la société de consommation entre deux élections en attendant l’arrivée d’un papa-messie de gauche qui s’occuperait de tout.

Sans compter que tout est une question de focale.

Le vainqueur de cette élection ne représentera tout au plus que 20 % du corps électoral, alors un peu de modestie serait le bienvenu (et moi, l’idée que les 20 % quels qu’ils soient imposent leur programme aux 80 %, ça me met plus que mal à l’aise).

Une augmentation du SMIC ne vaut rien si tu meurs asphyxié pendant ton cancer du glyphosate (SMIC que tu auras de toutes les façons sans doute perdu puisque la finance et les capitalistes ne vont pas obtempérer et t’auront viré, pour l’exemple et par vengeance, puisqu’on ne les aura pas mis hors d’état de nuire).

Pendant qu’on s’étripe en pleine hystérie électorale, les nuisibles continuent à nuire, en étant moins emmerdés que d’habitude.

Et je pense que tous nos beaux raisonnements, toutes nos adhésions ou répulsions ne sont que l’expression de nos névroses, des rationalisations. C’est bien pour ça qu’on ne parvient que très rarement à faire bouger les convictions d’autrui. Certains veulent (inconsciemment) un papa, d’autres veulent (symboliquement) le tuer, etc. C’est pour ça que je ne juge pas ta valeur en tant qu’être humain à l’aune de tes opinions politiques et encore moins de ton vote ou non-vote (mais à celle de ton humanité, je me comprends). Et c’est utile de garder ce point à l’esprit pour ne pas démoniser ceux qui pensent de traviole à nos yeux.

À ce titre, je n’essaie pas de te convaincre de ne pas voter pour JLM, ou de t’abstenir comme je vais le faire, ou d’œuvrer pour la destitution du pouvoir ou la reformation des Beatles.

J’essaie juste de te dire qu’on peut être de gauche et faire d’autres choix que le tien, y compris des choix « irrationnels », de bonne foi, et que ce serait sympa si la trollenchonsphère et même les mélenchonsexuels qui ne s’assument pas comme tels pouvaient faire preuve d’un peu plus de délicatesse vis-à-vis de ceux qui n’ont pas leur ferveur ou leur foi.

Donc vazy, abstiens-toi, vote pour qui tu veux, vote pour JLM avec enthousiasme ou exigence, mais par pitié, arrête de taper sur ceux qui en conscience ne voteront pas ou ne voteront pas pour lui, puisque tu prétends qu’ils font bien partie de ton camp. Ce serait faire preuve de la tolérance qui paraît-il est un marqueur de la gauche.

Merci.

20. April 2017 by sknob
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Réclame ton panier pour changer le monde

Ayé, j’ai ouvert une page Patreon. Il ne m’aura fallu qu’un an et des poussières pour me décider.

Alors je ne vais pas nier que rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir des tas de mécènes qui me permettraient de consacrer davantage de temps à mes créations.

Mais fondamentalement, si tu m’as lu sur Babordages, tu sais qu’en matière de nouvelles technologies, je suis un indécrottable révolutionnaire romantique (déçu hein, ça va sans dire).

Qui pense que si les nouvelles technologies ont fini par nous asservir et se retourner contre nous, ce n’était — non, ce n’est — pas inéluctable.

Qui reste convaincu que si tous les brillants gauchistes que je connais ou que je follow sur Twitter consacraient 1 % du temps de cerveau disponible qu’ils consacrent à commenter la conjoncture à penser une utilisation intelligente des zinternettes pour court-circuiter les institutions qui nous asservissent, on serait sauvés depuis longtemps. On va être magnanime et dire qu’ils se sous-estiment (plutôt que de dire que ce sont de grosses feignasses ;).

En outre, et comme je le rape dans ma vidéo de présentation sur Patreon, les nouvelles technologies ont également le potentiel de totalement court-circuiter la société de consommation au lieu de la renforcer, et notamment de révolutionner la manière de rémunérer les artistes.

Si comme je le disais dans mon billet d’il y a un an, le système Flattr reste de loin le modèle le plus intelligent et révolutionnaire que j’ai croisé jusqu’ici, il se heurte malheureusement et là encore à l’inertie et l’indifférence des gauchistes-consommateurs fainéants.

Donc si rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir des tas de mécènes, disais-je, c’est la démarche de Patreon en elle-même qui m’a finalement décidé à franchir le pas, parce qu’elle permet également à sa manière de décorréler les réalisations artistiques d’une quelconque valeur marchande, et de zapper toute la chaîne de prédateurs intercalés entre les artistes et leurs fans.

En gros si tu veux, Patreon, c’est comme une AMAP. Au lieu d’acheter un kilo d’oignons ou de patates ou de crottins de Chavignol ou de côtelettes d’agneau — ou une chanson, un album, un dessin — tu soutiens en direct un petit producteur et tu bénéficies périodiquement en retour d’un panier-surprise rempli de délices de saison. Si ce n’est que le panier ne t’es pas réservé. Le monde entier peut en profiter, grâce à ta générosité.

Edit du lendemain.
Parlons cash : si tu ne paies pas tes contenus (si tu pirates quoi), aucune raison de me mécéner. Tu es cohérent. Télécharge mes trucs à gogo. Ils restent gratuits. En revanche, s’il t’arrive d’acheter des cédés, des dévédés, des places de concert, des abonnements Spotify/Deezer/Apple Music, des bouquins, des bédés et autres “biens culturels”, tu devrais à mon avis 1/ te poser la question de qui tu rémunères et 2/ consacrer une partie de ces dépenses à la rémunération directe des artistes qui le permettent et que tu apprécies (connus ou inconnus, ils sont de plus en plus nombreux). Car je n’ose croire que tu n’accordes de la valeur aux œuvres que si elles sont adoubées par les multinationales qui les distribuent (et qui ne reversent que des miettes aux artistes), sans quoi le capitalisme a de beaux jours devant lui. 1 € par mois et par artiste, rapporté au prix des biens sus-cités, c’est pas la ruine. Yes You Can Think Different Just Do It.
Fin de l’edit du lendemain.

Bref, si j’ai ouvert une page sur Patreon, c’est autant pour promouvoir ce genre d’initiative que pour en tirer éventuellement parti.

Puisque je te dis que je suis un indécrottable romantique !

En même temps, il n’y a que les psychopathes sanguinaires et les indécrottables romantiques qui changent le cours de l’histoire.

Avec toi ?

05. November 2015 by sknob
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Bisous d’un #VieuxCon

Alors vois-tu, je viens d’une époque reculée dans laquelle certains principes fondamentaux ne comptaient pas pour du beurre.

Ils servaient de cadre, de chemin, d’objectif plus ou moins utopique, de boussole, de repère, voire de repoussoir, selon les cas et les groupes et les individus.

Liberté, égalité, fraternité, solidarité, règle d’or, démocratie, socialisme, make love not war, en veux-tu en voilà.

Aujourd’hui, de tels principes ne servent plus à rien. Ce sont des abstractions d’un autre temps.

Un jeune militant de gauche me disait à l’anémique manif contre le #PJLRenseignement que c’était normal qu’il y ait moins de monde que lors d’une manif sur les retraites par exemple.

Avec la #VieilleConne qui m’accompagnait, on s’est regardés effarés, tant il nous semblait que le contraire coulait de source.

Mais il faut vivre avec son temps. Place aux jeunes. Après tout, ce monde de vieux conçu par les vieux pour les vieux leur a bien savonné la planche, alors on ne va pas en plus leur reprocher de vouloir faire autrement.

Et puis fondamentalement, ils ont tellement besoin de reconnaissance et d’amour. Pas étonnant qu’inconsciemment, ça les remplisse d’aise que Big Brother s’intéresse enfin à leurs fesses.

Alors bisous d’un #VieuxCon qui vous aime kamème et qui vous souhaite bien du plaisir.

24. July 2015 by sknob
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Bon vent

(Bon OK, et le pain et le fromage…)

05. May 2015 by sknob
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Je cherche un mécène. Please RT.

Attention : sache qu’à la fin de ce billet, je vais te poser une question chiante, à laquelle j’espère que tu répondras le plus sincèrement possible. Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu. Lis la suite à tes risques et périls.

J’ai eu mes 1/4 d’heure de célébrité warholienne en tant que dessinateur ou musicien dans ma vie.

Mais pas en quantité suffisante pour la gagner (ma vie). J’ai donc dû prendre ma carte de geek (que j’ai récemment rendue, du moins symboliquement).

Par ailleurs, et comme j’ai eu l’occasion de le dire ici ou sur Twitter ou sur Babordages, à l’ère d’Internet, je donne tous mes contenus gratuitement, trop content d’avoir un public qui dépasse le cercle restreint de mes proches, comme à la préhistoire, que j’ai connue étant donné mon grand âge ma maturité.

D’autant plus que la valeur ajoutée des éditeurs et autres maisons de disque à l’ère d’Internet est plus que théorique (restons polis).

Mes contenus ne sont payants que pour une utilisation commerciale au sens large. Si tu as un budget ou si tu vas te faire du fric sur ton projet (ou du moins s’il est payant), tu m’en donnes un bout. Si tu n’as pas de fric, que tu fais ton projet pour le plaisir ou pour une bonne cause, c’est gratos.

Certains, comme @jcfrog estiment que pour changer le monde, il faut tout donner, y compris pour une utilisation commerciale. Ça se discute, ne serait-ce que parce qu’en l’état actuel du monde, je ne voudrais pas qu’une organisation commerciale ou autre que je réprouve (marchands d’armes ou Facebook ou TF1 ou autres conneries inutiles ou nuisibles) utilise mes trucs. On a sa fierté. En tout cas, il faudrait que les sus-cités me payent une fortune pour me faire renoncer à mes principes, à supposer qu’ils y parviennent.

Mais n’empêche, comme je le gribouillais dans ce tweet, ça craint.

Même si j’ai pu prendre à l’occasion mon pied créatif dans la sphère professionnelle, le travail reste une obligation, une contrainte, qui plus est pour entretenir à contrecœur un système qui me débecte.

En outre, il fut un temps où je créais des trucs ambitieux. Qui demandaient du temps. Je ne fais plus que des dessins à la va-vite, et des chansons à 3 ou 4 accords, souvent écrites, enregistrées et (mal) mixées en un week-end.

Une dernière embardée avant d’arriver au cœur de mon propos et à la question que je souhaite te poser.

Quand je faisais mon blog BD Geeks In Love (au rythme d’un épisode par semaine et qui connut un certain succès), je ne comptais plus le nombre de gens qui me disaient que je devrais en faire un livre ou un euh-livre. Quand le logiciel iBooks Author est sorti, j’ai plié sous les injonctions et j’ai créé des iBooks pour voir. J’ai décidé de découper le blog par années, d’ajouter des inédits, des croquis et autres bonus, d’offrir le premier volume, et de vendre les suivants.

Le bide.

Le volume gratuit a bien marché, mais les volumes payants n’ont pas trouvé preneur (quelques dizaines ? Me souviens plus). J’ai baissé le prix. Pareil. Je devrais tous les passer en gratuit et publier les années restantes, mais j’ai la flemme, et mon temps libre étant compté, ce n’est pas une priorité.

Donc comment faire pour gagner sa vie en tant qu’artiste à l’ère du tout gratuit, sans partir en tournée pour jouer dans des rades ou des stades tous les soirs (je n’ai plus vingt ans !), et sans vendre son âme en peignant des portraits d’Elvis ou Johnny sur velours noir ou composer des jingles publicitaires (car pour ne rien arranger, je hais la pub), et sachant que je ne serai jamais une superstar ?

J’adore l’idée de Flattr, et je l’ai intégré à tous mes sites, mais force est de constater que ce service reste confidentiel (mais merci à tous mes flagorneurs. Je suis flatté !).

J’en arrive donc enfin à ma question.

J’ai récemment découvert l’existence de sites de mécénat dont l’objectif est de rétribuer des gens dans ma situation (à travers la chaîne YouTube du duo pop Pomplamoose (que j’aime bien) ou encore de ce récent billet de Ploum). Les sites de crowdfunding traditionnels sont adaptés à des gros projets, comme la réalisation d’un disque en studio ou d’un long métrage (ou d’un hamac pour smartphone). Les sites de mécénat comme Patreon en sont largement inspirés, mais il s’agit de s’engager à payer une somme plus ou moins modique (le choix revient au mécène) à intervalles réguliers OU à la sortie de chaque création (dessin, chanson, que sais-je), sans dépasser un plafond que se fixe le mécène.

Comme sur les sites de crowdfunding plus connus, plus tu donnes, plus tu reçois, etc. (“et pour 100 000 Euros, tu as le droit à un rein dédicacé”, tu vois le principe).

Alors, en théorie et franchement, toi qui aimes mes trucs (et même toi qui ne les aime pas mais qui veut aider les artistes parce que tu es quelqu’un de bien et que tu as un peu de fric en rab), toi qui les télécharges gratuitement, ce que tu pourrais continuer à faire, tu crois que tu prendrais le temps de t’inscrire sur un site comme Patreon, (sachant que tu n’as jamais été foutu de t’inscrire sur Flattr ?) et de cracher un peu de thune afin de soutenir mon art, et d’obtenir des bonus hypothétiques, les dents blanches, le poil soyeux et te sentir bien dans ta peau ?

Je ne t’en voudrais pas si tu me répondais par la négative. Déjà, si tu n’as pas de fric en rab, je ne voudrais pas t’ôter le fast-food de la bouche. Et puis la vie est compliquée, on a des priorités à gérer.

La question est chiante (je t’avais prévenu), mais à ce stade, ton avis m’intéresse, tout simplement. Oui, je sais, je pourrais essayer pour voir, et je le ferai peut-être, même si tu ne me réponds pas, mais mon temps libre étant compté…

11. August 2014 by sknob
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Message de service

J’arrête de publier les liens vers mes billets sur Babordages.fr. Vous êtes assez grand pour aller les lire tous seuls, vous abonner au fil RSS de Babordages, ou à sa niouzelèteure.

18. October 2013 by sknob
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Fait divers…

Commentaire publié chez Sarkofrance :

Cher blogueur de gouvernement, de préfecture (ci-après, de “Groite”), l’expulsion de Léonarda, ce “beau sujet” comme tu dis, me pousse à saisir ma plume virtuelle de véritable gauchiste vrai (ci-après, la “Vrauche”, comme tu dis aussi) pour t’écrire un mot rapide (je tâche de faire court, car j’ai parfaitement conscience que c’est une perte de temps).

En effet, cet “incident” met crûment en lumière ce qui nous sépare, sur ce sujet comme sur tous les autres.

C’est assez simple en fait.

Tu le répètes sans cesse : LaGroite part de la réalité. Il faut prendre le pouvoir pour pouvoir changer la société (un tant soit peu, dans la mesure du possible). C’est un préalable nécessaire, le reste n’est que branlette intellectuelle.

La vrauche ventilatoire vaincue, elle, prend les choses complètement à rebours. Elle est à cheval sur certains principes qu’elle juge fondamentaux, et qui la définissent, au plus profond d’elle-même. Ses convictions sont un préalable à l’action.

Or, à ses yeux, la seule constance dont fait preuve LaGroite au pouvoir est dans l’application de mesures qui bafouent les principes fondamentaux de la vrauche, et qui de surcroît sont traditionnellement l’apanage de la droite.

La vrauche ne s’attendait certes pas à des miracles, mais elle espérait modestement que LaGroite agirait, au moins et même à minima, conformément à certains de ces principes fondamentaux qu’elle prétendait incarner lorsqu’elle essayait de se faire élire.

Tu comprendras donc aisément que du point de vue de la vrauche idéaliste et irréaliste, si tu soutiens ou absous le gouvernement lorsqu’il applique des mesures que tu conchiais avec vigueur lors du dernier quinquennat, c’est que tu n’as pas de principes, pas de convictions, ce qui forcément, te déconsidère à ses yeux.

Tu t’en moques, puisque de ton point de vue, les belles idées de la vrauche ne lui ont pas permis de prendre le pouvoir, ce qui suffit à les discréditer.

Pour résumer, vu d’ici, comme tu n’as pas de convictions et que ton camp a gagné, tu es globalement satisfait, car le plus dur et le plus important a été accompli, même si tu regrettes parfois, du bout des lèvres, quand on te pousse à réagir ou à prendre position, certains couacs (mais l’erreur est humaine), renoncements (inévitables, il va sans dire) ou autres faits divers (“welcome to the real world”).

Alors on n’est pas des sauvages, on peut discuter, de tout et de rien, mais s’il te plaît, arrête de prétendre qu’on pourrait parfois s’entendre sur l’essentiel, alors qu’un véritable gouffre nous sépare.

D’ailleurs, je ne m’explique pas ce besoin que tu as de convaincre que nous ne serions somme toute pas si éloignés. Quel intérêt de trouver des “alliés de circonstances”, puisque tu as gagné, et que le gouvernement fait ce qu’il peut, le monde étant ce qu’il est ? À moins que ce ne soit une manifestation d’un début de conscience ou de conviction, ce que sincèrement je ne te souhaite pas, car je peux te l’avouer humblement : avoir des principes fondamentaux, ce n’est pas un choix, et par les temps qui courent, c’est même assez pénible et douloureux.

18. October 2013 by sknob
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À Babordages !


À peine avais-je ressuscité sknob/blog que je me retrouvais à fomenter #LePlan avec la cellule gauchiste.

C’est ainsi qu’en un temps record, nous accouchions de Babordages.fr, dont je vous invite à lire le Manipresque sans plus attendre !

27. May 2013 by sknob
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De l’inutilité

L’autre jour, au détour d’une conversation avec un entrepreneur (il faut bien s’occuper en attendant le retour de la croissance et l’inversion de la courbe du chômage), je lâchais que la majorité des biens et services que produisent nos sociétés sont « au mieux inutiles, au pire nuisibles ».
À ma grande surprise, mon interlocuteur s’étrangla.

Lire la suite sur… Le blog de Paul Jorion !

14. May 2013 by sknob
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Si les mots ont un sens

Je suis las, mais las des dialogues de sourds entre militants de tous bords qui s’écharpent joyeusement ou férocement sur des sujets auxquels ils n’accordent pas la même définition.

Prenons la novlangue du gouvernement (puisqu’il gouverne et que c’est son anniversaire, soyons sympa). Austérité ou « sérieux budgétaire » ? Privatisation ou « gestion fine du capital » ? Droite, gauche, groite, drauche, bolchéviques ?

Si l’on part des mots (qui donc, en théorie, ont un sens, je le rappelle), le gouvernement mène effectivement une politique d’austérité. C’est comme ça. Ouvre un dictionnaire si tu ne me crois pas. Ayrault peut raconter que l’austérité, c’est ce qui se passe chez nos voisins du sud et pas chez nous, mais c’est faux. Les mots ont un sens. À la rigueur (joke), je t’accorde que le processus n’est pas aussi « avancé » chez nous que chez nos voisins, mais c’est le même processus.

En matière économique, le gouvernement mène une politique libérale, de l’offre, donc traditionnellement de droite (désolé de faire le cuistre, mais socialisme de l’offre, c’est un oxymore), qui part du principe qu’en laissant davantage de coudées franches aux entreprises et en les laissant poursuivre leurs intérêts égoïstes, elles s’enrichiront, et cette richesse ruissellera vers le bas (je m’abstiens de tout commentaire sur le bien-fondé de cette notion, mais c’est dur).

Alors toi qui es de droite et fier de l’être et qui approuves (et qui votes) individuellement toutes les mesures du gouvernement, arrête les procès en bolchévisme ! Tu es ridicule. Assume !

Et toi le soutien du gouvernement, c’est ton droit le plus strict de le soutenir et de croire aux bienfaits à terme de son approche, mais alors s’il te plaît, par pitié, de grâce, toi aussi, assume ! ASSUME ! Sans quoi ne viens pas te plaindre quand le vilain Frédéric Lordon te traite de suppôt de la « droite complexée ». Tu es peut-être un être tolérant et ouvert et généreux et tout et tout, mais tu soutiens une politique libérale (si les mots ont un sens, hein, parce que sinon, je m’égosille pour rien).

Comme ça, on pourra s’écharper (joyeusement ou férocement) sur le fond, au lieu de s’écharper sur des malentendus.

En plus, je sais que tu es sensible aux mots, toi qui es si prompt à condamner les éructations verbales du vociférant Mélenchon. Je sais donc que tu ne peux qu’être sensible à mon plaidoyer : on ne doit jamais détourner ou vider les mots de leur sens. Un mot sans sens ne s’encense (c’est nul, mais je n’ai pas pu résister). C’est un crime contre notre bien commun le plus précieux, contre l’esprit, contre l’intelligence, contre la culture, contre les lumières et qui condamne tous les innocents chatons (et bébés suricates) des Internets à une mort lente et douloureuse.

06. May 2013 by sknob
Destination: Un peu de recul (TINA) | Tags: , | 13 comments

Point d’étape

06. April 2013 by sknob
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