Un peu de recul (TINA)

Réclame ton panier pour changer le monde

Ayé, j’ai ouvert une page Patreon. Il ne m’aura fallu qu’un an et des poussières pour me décider.

Alors je ne vais pas nier que rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir des tas de mécènes qui me permettraient de consacrer davantage de temps à mes créations.

Mais fondamentalement, si tu m’as lu sur Babordages, tu sais qu’en matière de nouvelles technologies, je suis un indécrottable révolutionnaire romantique (déçu hein, ça va sans dire).

Qui pense que si les nouvelles technologies ont fini par nous asservir et se retourner contre nous, ce n’était — non, ce n’est — pas inéluctable.

Qui reste convaincu que si tous les brillants gauchistes que je connais ou que je follow sur Twitter consacraient 1 % du temps de cerveau disponible qu’ils consacrent à commenter la conjoncture à penser une utilisation intelligente des zinternettes pour court-circuiter les institutions qui nous asservissent, on serait sauvés depuis longtemps. On va être magnanime et dire qu’ils se sous-estiment (plutôt que de dire que ce sont de grosses feignasses ;).

En outre, et comme je le rape dans ma vidéo de présentation sur Patreon, les nouvelles technologies ont également le potentiel de totalement court-circuiter la société de consommation au lieu de la renforcer, et notamment de révolutionner la manière de rémunérer les artistes.

Si comme je le disais dans mon billet d’il y a un an, le système Flattr reste de loin le modèle le plus intelligent et révolutionnaire que j’ai croisé jusqu’ici, il se heurte malheureusement et là encore à l’inertie et l’indifférence des gauchistes-consommateurs fainéants.

Donc si rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir des tas de mécènes, disais-je, c’est la démarche de Patreon en elle-même qui m’a finalement décidé à franchir le pas, parce qu’elle permet également à sa manière de décorréler les réalisations artistiques d’une quelconque valeur marchande, et de zapper toute la chaîne de prédateurs intercalés entre les artistes et leurs fans.

En gros si tu veux, Patreon, c’est comme une AMAP. Au lieu d’acheter un kilo d’oignons ou de patates ou de crottins de Chavignol ou de côtelettes d’agneau — ou une chanson, un album, un dessin — tu soutiens en direct un petit producteur et tu bénéficies périodiquement en retour d’un panier-surprise rempli de délices de saison. Si ce n’est que le panier ne t’es pas réservé. Le monde entier peut en profiter, grâce à ta générosité.

Edit du lendemain.
Parlons cash : si tu ne paies pas tes contenus (si tu pirates quoi), aucune raison de me mécéner. Tu es cohérent. Télécharge mes trucs à gogo. Ils restent gratuits. En revanche, s’il t’arrive d’acheter des cédés, des dévédés, des places de concert, des abonnements Spotify/Deezer/Apple Music, des bouquins, des bédés et autres “biens culturels”, tu devrais à mon avis 1/ te poser la question de qui tu rémunères et 2/ consacrer une partie de ces dépenses à la rémunération directe des artistes qui le permettent et que tu apprécies (connus ou inconnus, ils sont de plus en plus nombreux). Car je n’ose croire que tu n’accordes de la valeur aux œuvres que si elles sont adoubées par les multinationales qui les distribuent (et qui ne reversent que des miettes aux artistes), sans quoi le capitalisme a de beaux jours devant lui. 1 € par mois et par artiste, rapporté au prix des biens sus-cités, c’est pas la ruine. Yes You Can Think Different Just Do It.
Fin de l’edit du lendemain.

Bref, si j’ai ouvert une page sur Patreon, c’est autant pour promouvoir ce genre d’initiative que pour en tirer éventuellement parti.

Puisque je te dis que je suis un indécrottable romantique !

En même temps, il n’y a que les psychopathes sanguinaires et les indécrottables romantiques qui changent le cours de l’histoire.

Avec toi ?

05. November 2015 by sknob
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Bisous d’un #VieuxCon

Alors vois-tu, je viens d’une époque reculée dans laquelle certains principes fondamentaux ne comptaient pas pour du beurre.

Ils servaient de cadre, de chemin, d’objectif plus ou moins utopique, de boussole, de repère, voire de repoussoir, selon les cas et les groupes et les individus.

Liberté, égalité, fraternité, solidarité, règle d’or, démocratie, socialisme, make love not war, en veux-tu en voilà.

Aujourd’hui, de tels principes ne servent plus à rien. Ce sont des abstractions d’un autre temps.

Un jeune militant de gauche me disait à l’anémique manif contre le #PJLRenseignement que c’était normal qu’il y ait moins de monde que lors d’une manif sur les retraites par exemple.

Avec la #VieilleConne qui m’accompagnait, on s’est regardés effarés, tant il nous semblait que le contraire coulait de source.

Mais il faut vivre avec son temps. Place aux jeunes. Après tout, ce monde de vieux conçu par les vieux pour les vieux leur a bien savonné la planche, alors on ne va pas en plus leur reprocher de vouloir faire autrement.

Et puis fondamentalement, ils ont tellement besoin de reconnaissance et d’amour. Pas étonnant qu’inconsciemment, ça les remplisse d’aise que Big Brother s’intéresse enfin à leurs fesses.

Alors bisous d’un #VieuxCon qui vous aime kamème et qui vous souhaite bien du plaisir.

24. July 2015 by sknob
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Bon vent

(Bon OK, et le pain et le fromage…)

05. May 2015 by sknob
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Je cherche un mécène. Please RT.

Attention : sache qu’à la fin de ce billet, je vais te poser une question chiante, à laquelle j’espère que tu répondras le plus sincèrement possible. Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu. Lis la suite à tes risques et périls.

J’ai eu mes 1/4 d’heure de célébrité warholienne en tant que dessinateur ou musicien dans ma vie.

Mais pas en quantité suffisante pour la gagner (ma vie). J’ai donc dû prendre ma carte de geek (que j’ai récemment rendue, du moins symboliquement).

Par ailleurs, et comme j’ai eu l’occasion de le dire ici ou sur Twitter ou sur Babordages, à l’ère d’Internet, je donne tous mes contenus gratuitement, trop content d’avoir un public qui dépasse le cercle restreint de mes proches, comme à la préhistoire, que j’ai connue étant donné mon grand âge ma maturité.

D’autant plus que la valeur ajoutée des éditeurs et autres maisons de disque à l’ère d’Internet est plus que théorique (restons polis).

Mes contenus ne sont payants que pour une utilisation commerciale au sens large. Si tu as un budget ou si tu vas te faire du fric sur ton projet (ou du moins s’il est payant), tu m’en donnes un bout. Si tu n’as pas de fric, que tu fais ton projet pour le plaisir ou pour une bonne cause, c’est gratos.

Certains, comme @jcfrog estiment que pour changer le monde, il faut tout donner, y compris pour une utilisation commerciale. Ça se discute, ne serait-ce que parce qu’en l’état actuel du monde, je ne voudrais pas qu’une organisation commerciale ou autre que je réprouve (marchands d’armes ou Facebook ou TF1 ou autres conneries inutiles ou nuisibles) utilise mes trucs. On a sa fierté. En tout cas, il faudrait que les sus-cités me payent une fortune pour me faire renoncer à mes principes, à supposer qu’ils y parviennent.

Mais n’empêche, comme je le gribouillais dans ce tweet, ça craint.

Même si j’ai pu prendre à l’occasion mon pied créatif dans la sphère professionnelle, le travail reste une obligation, une contrainte, qui plus est pour entretenir à contrecœur un système qui me débecte.

En outre, il fut un temps où je créais des trucs ambitieux. Qui demandaient du temps. Je ne fais plus que des dessins à la va-vite, et des chansons à 3 ou 4 accords, souvent écrites, enregistrées et (mal) mixées en un week-end.

Une dernière embardée avant d’arriver au cœur de mon propos et à la question que je souhaite te poser.

Quand je faisais mon blog BD Geeks In Love (au rythme d’un épisode par semaine et qui connut un certain succès), je ne comptais plus le nombre de gens qui me disaient que je devrais en faire un livre ou un euh-livre. Quand le logiciel iBooks Author est sorti, j’ai plié sous les injonctions et j’ai créé des iBooks pour voir. J’ai décidé de découper le blog par années, d’ajouter des inédits, des croquis et autres bonus, d’offrir le premier volume, et de vendre les suivants.

Le bide.

Le volume gratuit a bien marché, mais les volumes payants n’ont pas trouvé preneur (quelques dizaines ? Me souviens plus). J’ai baissé le prix. Pareil. Je devrais tous les passer en gratuit et publier les années restantes, mais j’ai la flemme, et mon temps libre étant compté, ce n’est pas une priorité.

Donc comment faire pour gagner sa vie en tant qu’artiste à l’ère du tout gratuit, sans partir en tournée pour jouer dans des rades ou des stades tous les soirs (je n’ai plus vingt ans !), et sans vendre son âme en peignant des portraits d’Elvis ou Johnny sur velours noir ou composer des jingles publicitaires (car pour ne rien arranger, je hais la pub), et sachant que je ne serai jamais une superstar ?

J’adore l’idée de Flattr, et je l’ai intégré à tous mes sites, mais force est de constater que ce service reste confidentiel (mais merci à tous mes flagorneurs. Je suis flatté !).

J’en arrive donc enfin à ma question.

J’ai récemment découvert l’existence de sites de mécénat dont l’objectif est de rétribuer des gens dans ma situation (à travers la chaîne YouTube du duo pop Pomplamoose (que j’aime bien) ou encore de ce récent billet de Ploum). Les sites de crowdfunding traditionnels sont adaptés à des gros projets, comme la réalisation d’un disque en studio ou d’un long métrage (ou d’un hamac pour smartphone). Les sites de mécénat comme Patreon en sont largement inspirés, mais il s’agit de s’engager à payer une somme plus ou moins modique (le choix revient au mécène) à intervalles réguliers OU à la sortie de chaque création (dessin, chanson, que sais-je), sans dépasser un plafond que se fixe le mécène.

Comme sur les sites de crowdfunding plus connus, plus tu donnes, plus tu reçois, etc. (“et pour 100 000 Euros, tu as le droit à un rein dédicacé”, tu vois le principe).

Alors, en théorie et franchement, toi qui aimes mes trucs (et même toi qui ne les aime pas mais qui veut aider les artistes parce que tu es quelqu’un de bien et que tu as un peu de fric en rab), toi qui les télécharges gratuitement, ce que tu pourrais continuer à faire, tu crois que tu prendrais le temps de t’inscrire sur un site comme Patreon, (sachant que tu n’as jamais été foutu de t’inscrire sur Flattr ?) et de cracher un peu de thune afin de soutenir mon art, et d’obtenir des bonus hypothétiques, les dents blanches, le poil soyeux et te sentir bien dans ta peau ?

Je ne t’en voudrais pas si tu me répondais par la négative. Déjà, si tu n’as pas de fric en rab, je ne voudrais pas t’ôter le fast-food de la bouche. Et puis la vie est compliquée, on a des priorités à gérer.

La question est chiante (je t’avais prévenu), mais à ce stade, ton avis m’intéresse, tout simplement. Oui, je sais, je pourrais essayer pour voir, et je le ferai peut-être, même si tu ne me réponds pas, mais mon temps libre étant compté…

11. August 2014 by sknob
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Message de service

J’arrête de publier les liens vers mes billets sur Babordages.fr. Vous êtes assez grand pour aller les lire tous seuls, vous abonner au fil RSS de Babordages, ou à sa niouzelèteure.

18. October 2013 by sknob
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Fait divers…

Commentaire publié chez Sarkofrance :

Cher blogueur de gouvernement, de préfecture (ci-après, de “Groite”), l’expulsion de Léonarda, ce “beau sujet” comme tu dis, me pousse à saisir ma plume virtuelle de véritable gauchiste vrai (ci-après, la “Vrauche”, comme tu dis aussi) pour t’écrire un mot rapide (je tâche de faire court, car j’ai parfaitement conscience que c’est une perte de temps).

En effet, cet “incident” met crûment en lumière ce qui nous sépare, sur ce sujet comme sur tous les autres.

C’est assez simple en fait.

Tu le répètes sans cesse : LaGroite part de la réalité. Il faut prendre le pouvoir pour pouvoir changer la société (un tant soit peu, dans la mesure du possible). C’est un préalable nécessaire, le reste n’est que branlette intellectuelle.

La vrauche ventilatoire vaincue, elle, prend les choses complètement à rebours. Elle est à cheval sur certains principes qu’elle juge fondamentaux, et qui la définissent, au plus profond d’elle-même. Ses convictions sont un préalable à l’action.

Or, à ses yeux, la seule constance dont fait preuve LaGroite au pouvoir est dans l’application de mesures qui bafouent les principes fondamentaux de la vrauche, et qui de surcroît sont traditionnellement l’apanage de la droite.

La vrauche ne s’attendait certes pas à des miracles, mais elle espérait modestement que LaGroite agirait, au moins et même à minima, conformément à certains de ces principes fondamentaux qu’elle prétendait incarner lorsqu’elle essayait de se faire élire.

Tu comprendras donc aisément que du point de vue de la vrauche idéaliste et irréaliste, si tu soutiens ou absous le gouvernement lorsqu’il applique des mesures que tu conchiais avec vigueur lors du dernier quinquennat, c’est que tu n’as pas de principes, pas de convictions, ce qui forcément, te déconsidère à ses yeux.

Tu t’en moques, puisque de ton point de vue, les belles idées de la vrauche ne lui ont pas permis de prendre le pouvoir, ce qui suffit à les discréditer.

Pour résumer, vu d’ici, comme tu n’as pas de convictions et que ton camp a gagné, tu es globalement satisfait, car le plus dur et le plus important a été accompli, même si tu regrettes parfois, du bout des lèvres, quand on te pousse à réagir ou à prendre position, certains couacs (mais l’erreur est humaine), renoncements (inévitables, il va sans dire) ou autres faits divers (“welcome to the real world”).

Alors on n’est pas des sauvages, on peut discuter, de tout et de rien, mais s’il te plaît, arrête de prétendre qu’on pourrait parfois s’entendre sur l’essentiel, alors qu’un véritable gouffre nous sépare.

D’ailleurs, je ne m’explique pas ce besoin que tu as de convaincre que nous ne serions somme toute pas si éloignés. Quel intérêt de trouver des “alliés de circonstances”, puisque tu as gagné, et que le gouvernement fait ce qu’il peut, le monde étant ce qu’il est ? À moins que ce ne soit une manifestation d’un début de conscience ou de conviction, ce que sincèrement je ne te souhaite pas, car je peux te l’avouer humblement : avoir des principes fondamentaux, ce n’est pas un choix, et par les temps qui courent, c’est même assez pénible et douloureux.

18. October 2013 by sknob
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À Babordages !


À peine avais-je ressuscité sknob/blog que je me retrouvais à fomenter #LePlan avec la cellule gauchiste.

C’est ainsi qu’en un temps record, nous accouchions de Babordages.fr, dont je vous invite à lire le Manipresque sans plus attendre !

27. May 2013 by sknob
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De l’inutilité

L’autre jour, au détour d’une conversation avec un entrepreneur (il faut bien s’occuper en attendant le retour de la croissance et l’inversion de la courbe du chômage), je lâchais que la majorité des biens et services que produisent nos sociétés sont « au mieux inutiles, au pire nuisibles ».
À ma grande surprise, mon interlocuteur s’étrangla.

Lire la suite sur… Le blog de Paul Jorion !

14. May 2013 by sknob
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Si les mots ont un sens

Je suis las, mais las des dialogues de sourds entre militants de tous bords qui s’écharpent joyeusement ou férocement sur des sujets auxquels ils n’accordent pas la même définition.

Prenons la novlangue du gouvernement (puisqu’il gouverne et que c’est son anniversaire, soyons sympa). Austérité ou « sérieux budgétaire » ? Privatisation ou « gestion fine du capital » ? Droite, gauche, groite, drauche, bolchéviques ?

Si l’on part des mots (qui donc, en théorie, ont un sens, je le rappelle), le gouvernement mène effectivement une politique d’austérité. C’est comme ça. Ouvre un dictionnaire si tu ne me crois pas. Ayrault peut raconter que l’austérité, c’est ce qui se passe chez nos voisins du sud et pas chez nous, mais c’est faux. Les mots ont un sens. À la rigueur (joke), je t’accorde que le processus n’est pas aussi « avancé » chez nous que chez nos voisins, mais c’est le même processus.

En matière économique, le gouvernement mène une politique libérale, de l’offre, donc traditionnellement de droite (désolé de faire le cuistre, mais socialisme de l’offre, c’est un oxymore), qui part du principe qu’en laissant davantage de coudées franches aux entreprises et en les laissant poursuivre leurs intérêts égoïstes, elles s’enrichiront, et cette richesse ruissellera vers le bas (je m’abstiens de tout commentaire sur le bien-fondé de cette notion, mais c’est dur).

Alors toi qui es de droite et fier de l’être et qui approuves (et qui votes) individuellement toutes les mesures du gouvernement, arrête les procès en bolchévisme ! Tu es ridicule. Assume !

Et toi le soutien du gouvernement, c’est ton droit le plus strict de le soutenir et de croire aux bienfaits à terme de son approche, mais alors s’il te plaît, par pitié, de grâce, toi aussi, assume ! ASSUME ! Sans quoi ne viens pas te plaindre quand le vilain Frédéric Lordon te traite de suppôt de la « droite complexée ». Tu es peut-être un être tolérant et ouvert et généreux et tout et tout, mais tu soutiens une politique libérale (si les mots ont un sens, hein, parce que sinon, je m’égosille pour rien).

Comme ça, on pourra s’écharper (joyeusement ou férocement) sur le fond, au lieu de s’écharper sur des malentendus.

En plus, je sais que tu es sensible aux mots, toi qui es si prompt à condamner les éructations verbales du vociférant Mélenchon. Je sais donc que tu ne peux qu’être sensible à mon plaidoyer : on ne doit jamais détourner ou vider les mots de leur sens. Un mot sans sens ne s’encense (c’est nul, mais je n’ai pas pu résister). C’est un crime contre notre bien commun le plus précieux, contre l’esprit, contre l’intelligence, contre la culture, contre les lumières et qui condamne tous les innocents chatons (et bébés suricates) des Internets à une mort lente et douloureuse.

06. May 2013 by sknob
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Point d’étape

06. April 2013 by sknob
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La rigolance

Nicolas Sarkozy tenait parfois des discours à l’opposé de ses actes (Toulon). Il serait tentant de faire le même procès à ce pauvre François Hollande.

Et si c’était faux ?

Hollande s’enflamme souvent contre l’austérité, et prône une politique de croissance en Europe, pour finalement, appliquer des mesures qui sont difficiles à distinguer de celles de la droite et d’autres gouvernements sociaux-démocrates (sociaux-libéraux diront les gauchistes langue de pute) européens.

Alors, contradiction ?

En regardant Hollande à la télé l’autre soir, je crois que j’ai compris un truc qui m’avait échappé jusqu’alors. Je crois que Hollande est sincère. J’ai eu la nette impression qu’il pense vraiment que le simple fait de critiquer l’austérité le place, dans son esprit et dans celui de ses courtisans, dans le camp des révolutionnaires, des anti TINA.

Certes, il vote pour le traité Merkozy, pratique une politique de l’offre, met en place le pacte de compétitivité sans contreparties, valide un budget européen en baisse, prône un assouplissement du droit des salariés, la suppression de normes (faudra s’habituer au cheval dans les cornflakes), en espérant que les entreprises joueront le jeu et résorberont le chômage si un jour la croissance revient.

Oui, mais il est contre l’austérité ! Il ne va pas aussi loin que les Grecs ou les Italiens ou les Espagnols ou les Portugais ou les Irlandais ou même les Anglais. Et effectivement, je vous le concède bien volontiers, cela lui vaut des procès en bolchévisme, notamment dans la presse anglo-saxonne.

Le chômage augmente ? Les CDI sont en voie d’extinction ? Et ceux qui ont un emploi vivent dans la crainte de le perdre ?

Oui mais les mecs, arrêtez de geindre, ça pourrait être pire. Je suis contre l’austérité quand même, ce n’est pas rien” semble-t-il nous dire. Avec bonhomie, avec le sourire, avec humour, parce qu’il faut bien le reconnaître, Hollande est autrement plus sympathique que son prédécesseur. Il a la réputation d’être drôle, même.

Je me faisais ces réflexions ce matin en buvant mon café, quand j’ai été saisi d’un étrange sentiment de déjà vu. Et soudain, je me suis souvenu de ce qualificatif inspiré, de cette trouvaille géniale de Christine Lagarde quand elle était ministre de l’économie :

La ri-lance (contraction de rigueur et relance).

Je sais, l’agilité de mon esprit vous impressionne, et pourtant, je ne me suis pas arrêté en si bon chemin, car je vous le dis en toute modestie, s’en est suivie une deuxième fulgurance. Et si, pour ne pas sombrer dans le tous-pareil, le tous-pourris, lit de tous les extrémismes populistes qui parlent trop fort, on adoptait une nouvelle expression pour qualifier la politique du gouvernement, qui rendrait à César (Mme. Lagarde) ce qui lui revient (soyons fair-play), et qui prendrait en compte la singularité de l’approche de François Hollande ?

J’ai nommé : la rigolance.

02. April 2013 by sknob
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Parle moins fort, ça fait peur aux chiens

J’ai lu un commentaire de ma copine @CorinnePerpinya chez @Sarkofrance à propos du tintamarre autour de ce vilain Mélenchon qui crie, le malpoli. Son texte m’a touché, et je lui ai dit qu’elle devrait le publier ailleurs. Voici ce qu’elle m’a répondu :

C’est vrai, ch’uis con. Alors le voilà :

Allons-nous ainsi, jusqu’à la fin de cette laborieuse mandature débattre sur le « comment doit parler Melenchon ? ». Chacun s’emploie à reconnaître que ce qu’il dit n’est pas dénué d’intérêt (?) mais la manière… pfiou… Un peu comme lors de cette lamentable campagne de 2007 où Ségolène Royal avait un phrasé insupportable, s’était fait refaire le sourire, parlait de « bravitude », s’habillait « hippie-chic ». Le PS… le parti de l’essentiel…

Il se trouve, pourtant, que lorsque l’on tracte, on constate que les « gens » ces citoyens-électeurs sont bien moins stupides que ce que l’on voudrait faire croire. Mélenchon vocifère ? Et alors, eux aussi ont envie de hurler leurs vies qui se délitent, qui se précarisent. Ils sont, eux aussi, dans l’intimité de leurs foyers, le bruit et la fureur d’encore un espoir déçu. Celui qu’ils avaient entendu au Bourget. Celui qu’ils avaient applaudi à Florange, gonflé de fierté de voir ce futur président aux côtés des syndicats.

Aujourd’hui, c’est la gueule de bois. Le PS, coupable ne n’avoir pas fait l’autopsie de 2002, coupable de fainéantise aggravée après 10 ans d’opposition, incapable de redonner de l’énergie, de la fierté aux Français. 5e puissance mondiale. 2e puissance Européene. Le PS, 2e parti politique. Une seule cible. Melenchon et son petit et jeune parti. C’est grotesque et pathétique. Mais ça en dit long.

Un débat pacifié entre les gauches ? Comment débattre avec des gens qui se contentent d’une dépêche AFP tronquée pour inonder les médias de leurs réflexions lamentables, injustes, dégueulasses ?

Comment débattre avec des gens dont l’unique objectif est de faire voler en éclats le Front de Gauche ? Incapables de comprendre que, plus ils tentent de nous diviser, plus ça nous unit.

Quid du combat contre le seul ennemi de notre démocratie le FN ? Ah mais oui, ils perdraient leur épouvantail préféré, leur bannière « du vote utile »…

Le PS se trompe d’ennemi. Et comme en 2002 lorsqu’ils le comprendront, il sera trop tard.

Alors je préfère 1000 fois cet homme qui vocifère, qui vilipende, qui met des mots sur ma colère et sur ma rage de la misère qui s’installe dans ce pays. Je préfère 1000 fois consacrer mon temps à militer et à essayer de convaincre avec, dans les mains, le programme de « l’humain d’abord ».

J’aime cet homme qui m’instruit et me parle de poésie. J’aime cet homme qui nous dit que nous sommes dans un grand pays, riche de sa culture, de son histoire et de ses hommes. J’aime cet homme qui me fait prendre la main de nos égaux partout dans le monde, au-dessus des mers et des frontières, tous ensemble réunis pour se hisser vers le haut.

J’aime cet homme qui pour nous faire entendre, hurle que notre humanité, notre fraternité et le partage sont ce que nous avons de plus précieux.

J’aime cet homme qui réveille en nous l’envie d’être heureux. Ensemble.

Et je me moque que l’on trouve ça ridicule. Je me fiche des commentaires éclairés du parti de la science infuse. J’assumerai d’être le troll et la crétine d’un gouvernement, et de ses militants, qui m’attristent et me désespèrent. Je sais que mon énergie, mon engagement sont du bon côté. Auprès de ceux qui souffrent, qui crèvent et qui sont humiliés d’être oubliés.

27. March 2013 by sknob
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